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Première Conférence régionale « Europe de l’ouest » de l’UES à Sarrebruck
L’économie sociale de marché : la seule voie porteuse d’avenir
Peter Müller, Ministre-président du Land de la Sarre et
Doris Pack, parlementaire européenne, applaudis par la Conférence /
Le salut de Jean-Claude Juncker /
Le rapport du Président Bernhard Worms
Texte et photo par Ulrich Winz
Sarrebruck (21/22.10.2008). Lorsque le thème de la première Conférence régionale « Europe de l’ouest » a été défini, il n’était pas encore question de crise financière. Il s’agissait de débattre de « l’avenir de l’économie sociale de marché alors que la mondialisation s’intensifie ». Après la tempête de ces dernières semaines, cette question est brusquement passée au premier plan. C’est ainsi que pendant deux jours, près de 100 seniors venus de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, de France et de régions ouest-allemandes ont débattu des causes, des contextes, des mesures à prendre et des attentes. Peter Müller, le Ministre-président du Land de la Sarre, salué par le Dr. Worms, est intervenu à titre d’hôte de la Conférence. Dans un salut aux conférenciers lu par Nicolas Estgen (Luxembourg), Vice-président de l’UES présidant la Conférence, Jean-Claude Juncker, Premier ministre du Grand-Duché, a déclaré voir dans l’Union Européenne des Seniors une représentante de la « pensée européenne » cimentée par « la foi, la vérité et la raison ».
Le Ministre-président Müller a soutenu avec véhémence l’économie sociale de marché en tant que « troisième voie » entre le socialisme et l’économie de marché (pure : le capitalisme sans entraves). Là où elle est appliquée, il y a plus de justice sociale, plus d’humanité, moins de pauvreté. Applaudi par les participants à la Conférence, il a affirmé que « la crise actuelle n’est pas celle de l’économie sociale de marché, mais une conséquence de sa perversion - qui tend simultanément à la faire disparaître ! » Les mesures prises depuis par l’Europe attestent de sa capacité de réaction en tant qu’entité politique, et l’espoir est du côté des règlementations pour éviter de telles crises à l’échelle mondiale. La lutte contre la paupérisation passe par un encadrement social du marché, à commencer par les USA. Il ne doit plus rester aucun espace d’irresponsabilité.
Renforcer la conscience des valeurs
Peter Müller a réaffirmé sa foi en une Europe de la subsidiarité (où les décisions doivent autant que possible être prises au niveau local), principe que la Commission européenne a encore bien du mal à appliquer – à la différence du Parlement. L’Europe à laquelle nous visons est « une Europe des citoyens, pas une Europe des technocrates ».
Quelle que soit la gravité de la crise financière, poursuit Peter Müller, celle-ci ne fait que souligner l’exigence d’un renforcement des valeurs. Les secteurs de l’économie qui sont tombés en discrédit doivent retrouver leur fonction éthique, au service du bien commun. Il s’agit aussi de répondre sans compromis aux politiciens de gauche qui nient l’essence démocratique de l’Europe – en prenant notamment prétexte des récents événements – et mettent « le système en question ». Car : « les dangers du socialisme n’ont pas été définitivement écartés ».
Une autre représentante de la Sarre appelée à intervenir est Doris Pack (Allemagne), Députée européenne. Elle transmet les chaleureuses salutations de sa collègue Ria Oomen-Ruijten (Pays-Bas), empêchée de prendre part à la Conférence. Rendant compte de la séance plénière de la veille en présence du Président Sarkozy, elle évoque l’avenir du « Traité de Lisbonne », dont une condition indispensable est la coopération de l’Irlande.
Mme Doris Pack préside également l’Union des femmes européennes et est membre de l’Union allemande des Seniors. L’expérience vécue d’un dialogue œcuménique entre chrétiens orthodoxes, juifs et musulmans dans la région frontalière entre la Roumanie et la Moldavie lui a fait prendre conscience de l’importance des traditions et cultures régionales, y compris dans le cadre d’une Europe unie. Son appel : « Donnons une âme à l’Europe ! » a recueilli les applaudissements des participants. Les états balkaniques sont pour elle des pays « profondément européens », vers lesquels l’UES doit jeter des ponts. Cela vaut aussi pour la Biélorussie, l’Ukraine et la Moldavie.
| Première Conférence régionale « Europe de l’ouest » de l’UES à Sarrebruck : L’économie sociale de marché - la seule voie porteuse d’avenir |
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| Photo de famille (gauche à droite) : Leif Hallberg (SE); Helga Hammer (D), Erika Reinhardt (D), Peter Müller (D); Prof. Nicolas Estgen (L); Dr. Bernhard Worms (D); Elisabeth Dispaux-Cornil (B); Günther Schwarz (D) |
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Ulrich Winz, le rédacteur de cet article, intervient alors sur cette question. En tant que coordinateur de la région « Europe de l’Est », il exprime l’espoir que les relations entre l’Allemagne et les nations est-européennes – en particulier la Pologne – atteignent bientôt le même niveau de développement que celles entre l’Allemagne et ses voisins occidentaux, en premier lieu la France. Il se prononce pour une intensification des relations avec la Biélorussie et l’Ukraine. Une union de seniors de chacun de ces pays a désormais le statut d’observateur dans l’UES. « Notre génération », l’union de Biélorussie, doit être aidée dans ses démarches pour être enregistrée au niveau national et pour sa politique de communication.
Le facteur déterminant : la politique de l’emploi
Dans son rapport, le Président Bernhard Worms, ancien Secrétaire d’état au travail et aux affaires sociales, passionné par la politique sociale, a abordé la question de la peur d’une régression en Europe. Sous l’impulsion du Président Worms, les études d’experts témoignent que cette problématique n’est pas nouvelle pour l’UES. L’économie sociale de marché s’est imposée en Allemagne (occidentale) depuis plusieurs décennies et c’est elle qui doit inspirer les principes d’une politique pour demain. L’UES adhère sans réserve à cet ordre social et, sous cet aspect, elle se propose de faire bénéficier les autres générations de l’expérience des aînés.
« L’économie sociale de marché vit des produits du marché de l’emploi » rappelle Bernhard Worms. « Ce qui implique que la meilleure des politiques sociales est une politique rationnelle de l’emploi ! ». Il expose de manière détaillée le système allemand : assurance-chômage, -accidents, -vieillesse, -maladie et -dépendance. L’UES se prononce pour le maintien des droits à la retraite, l’équilibre des budgets nationaux en étant une condition aussi importante qu’un taux de natalité sensiblement croissant dans les différents pays membres.
Pour le Dr. Worms, il ne faut pas avoir peur de l’avenir. Les problèmes sont cernables, et il est confiant dans la volonté de maîtrise des politiques. « Avançons dans la voie commune : renforçons l’Europe ! Renforçons l’économie sociale de marché, devenue la base des relations commerciales dans un nombre croissant de pays ! » L’Europe peut représenter un équilibre entre le capitalisme américain, les pays émergents en Asie et le communisme, déclare le Dr. Worms en conclusion.
De remarquables interventions présentant la grande région hôte de la Conférence « Sarre – Lorraine – Luxembourg- Rhénanie-Palatinat - Wallonie » ont été prononcées par le Maire-adjoint Frank Orban représentant Mme la Maire de Sarrebruck, Stephan Toscani, Secrétaire général de la CDU sarroise et Günther Schwarz, Président de l’Union des seniors du Land. Les participants ont écouté avec intérêt les exposés de Richard Stock, Directeur général du Centre européen Robert Schuman (France) ; du Député Lucien Thiel (Luxembourg) qui s’est exprimé sur les causes du krach financier, de Charles Quirin, de la Fondation France – Allemagne, et de Jean Lelin, Président de l’Association franco-allemande pour l’Europe (les deux de Strasbourg).
En mémoire de Wilhelm Mohaupt et Walter Paul
Un moment fort de la Conférence régionale a été l’évocation des deux grandes figures de l’UES qu’ont été Wilhelm Mohaupt et Walter Paul, tous deux Autrichiens, décédés l’été dernier. Le cadre solennel de cette commémoration était l’église Saint-Louis, chef-d’œuvre de l’architecte Friedrich Joachim Stengel (18e siècle), au centre de Sarrebruck. En présence des deux épouses des regrettés défunts, le Président Worms a remercié l’ancien Secrétaire général et Président d’honneur de l’UES depuis 2007, ainsi que le Trésorier de celle-ci, chargé des relations publiques, pour leur contribution à la fondation et à la construction de l’Union, leur fidélité à leur mission, leur dévouement et leur disponibilité sans limites ».
Ces mots résonnaient encore dans la tête de tous les participants lors de la réception donnée par Peter Jacoby, Ministre-président adjoint, à la chancellerie d’état, au cours de laquelle il devait décrire la ville de Sarrebruck et son bassin d’influence comme une « région au cœur de l’Europe », se distinguant par un remarquable taux de croissance économique, associé à un nombre important de créations d’emplois. Le développement pacifique de l’Europe et le bien-être de ses citoyens dans toutes ses régions : tels sont les idéaux pour lesquels nos amis Wilhelm Mohaupt et Walter Paul se sont battus pendant toute leur vie.
Ulrich Winz
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