Violence et discrimination
envers les personnes âgées
I.
Préambule
II.
Violence envers les personnes
âgées dans le proche environnement
a.
à domicile
b.
en maison de repos, en
centres de soins et en hôpital
III.
Discrimination envers les
personnes âgées dans la vie en société
a.
monde du travail
b.
participation sociale
c.
sécurité
d.
contact avec les nouvelles
technologies
IV.
Conclusion
I.
Préambule
La violence
est présente dans chaque acte et chaque omission qui vont à l’encontre de la
vie, de l’intégrité corporelle ou psychique, de la liberté d’une personne ou
qui entrave sérieusement son épanouissement. (Conseil de l’Europe)
Un
individualisme exacerbé qui ne vise qu’un avantage personnel et qui n’épargne
ni l’intérêt général, ni la solidarité, menace les fondements éthiques de notre
communauté. On a souvent l’impression que les aînés constituent un poids pour
la société et une charge pour les jeunes générations.
Il ne faut
pas oublier que les personnes âgées
sont à la base du bien-être des plus jeunes. Elles ont droit à la pension et à
l’estime sociale. La sécurité sociale pour les personnes âgées n’est ni une
aumône, ni un acte de générosité dont on pourrait disposer à volonté. Les
prestations sociales pour les personnes âgées
sont l’équivalent des contributions personnelles préalables apportées
dans le cadre d’une solidarité s’étendant sur toutes les générations.
La réalité
sociale ne tient pas suffisamment
compte de cela: de multiples formes de préjudices et de violence envers
les personnes âgées en définissent l’image. A l’égard de cette situation
réellement insatisfaisante dans la plupart des pays membres de l’Union
Européenne un changement s’impose. Plus d’efforts et de temps sont nécessaires pour renforcer les dispositions
législatives en la matière.
L’Union
Européenne des Seniors veut contribuer et faire des thèmes de la violence et de
la discrimination un objectif de travail. Cela implique des actions concrètes
au sein de tous les partis populaires européens, au parlement européen, à
la commission européenne et dans tous les comités politiques responsables.
II.
Violence envers les personnes âgées dans l’environnement privé
a. à
domicile
La violence
dans ses multiples formes est un phénomène qui se retrouve aussi bien au cours
de l’histoire que dans l’actualité sociale. Les formes de violence envers les
personnes âgées sont cependant, malgré leur virulence, difficilement
décelables.
Il
s’agit aussi des formes de violence
inconsciemment pénibles et des préjudices qui vont à l’encontre des conventions
fondées sur le droit.
Les formes
de violence vont de la négligence et de la maltraitance psychique à
l’exploitation financière, à la restriction de la liberté jusqu’à la violence
corporelle.
La violence
apparaît souvent tant dans les relations sociales que privées. Les personnes
âgées portent rarement plainte contre la violence dans la famille, ce qui la
rend difficilement décelable et quantifiable.
L’Union
Européenne des Seniors ne veut pas seulement dénoncer les inconvénients mais elle veut aussi atteindre un changement
rapide. Ceci exige des actions concrètes et
fermes de la part de tous les responsables :
- Celui qui veut protéger les
seniors contre la violence doit leur donner la possibilité de gérer leur
vie à leur façon. Des propositions
d’aide appropriées sont à mettre à leur disposition.
- Afin d’éviter l’isolement, il
faut élaborer un système d’assistance mis en réseaux, à plusieurs niveaux
et proche du lieu d’habitation.
- Les personnes âgées ne doivent
pas être mises en tutelle par une assistance excessive souvent non
désirée, car cette interdiction implique
que les seniors sont
considérés comme objet et non comme sujet avec tous leurs droits
et leurs obligations.
- Il est indispensable de faire
prendre conscience du phénomène de la violence aux médecins, aux
infirmiers/infirmières, aux aides
soignants, aux amis, aux voisins tout comme aux membres de la famille. Il
faut accorder à ces derniers une
aide pour prévenir la violence.
- Une prévention sanitaire adaptée
et un encadrement psychologique dans la vieillesse sont à garantir, sans
l’exclusion de prestations pour des raisons économiques et de rentabilité.
Ceci implique une infrastructure efficace de soins par un personnel qualifié et la prise
de conscience que le traitement
ambulatoire doit être privilégié par rapport au traitement en institution.
- La violence en matière de santé
se manifeste non seulement par des blessures corporelles et psychiques,
mais aussi par l’absence d’aide et par le manque de soins.
- La violence peut être due dans
le milieu familial à la surcharge des personnes soignantes (charges
professionnelle, familiale, maladie etc). La violence se passe souvent
derrière « des portes fermées » et, par conséquent, est difficilement
décelable.
- Le monde politique et la
société civile doivent promouvoir
les conditions de base pour une vieillesse active. Le mot d’ordre suprême
doit être: la dépendance dans la vieillesse ne doit pas conduire à la
pauvreté ni à l’exclusion sociale.
- Des mesures légales contre
toute violence envers des personnes âgées doivent être prises – si ce n’est pas encore fait – dans tous les états membres de la CE aussi
bien en droit pénal qu’en droit civil, en tenant compte de la situation
des personnes âgées, surtout si elles souffrent d’une maladie physique ou
psychique.
- Les personnes âgées doivent
être informées sur leurs droits.
Si nécessaire, une assistance judiciaire gratuite doit leur être donnée.
b.
en maisons de repos, en centres de soins et en hôpital
La dignité humaine est inviolable. Ceci est aussi valable dans les
maisons de repos et centres de soins pour personnes âgées.
La décision
de se rendre dans une maison de repos ou centre de soins pour personnes âgées
doit être une décision autonome de la personne concernée. Dans les
établissements de soins on ne peut admettre ni le recours à la violence
physique ou psychique, ni la violation de la vie privée, ni l’insuffisance de
l’encadrement médical et pharmaceutique, ni l’exploitation financière.
L’encadrement
sanitaire des personnes âgées qui sont entravées dans leurs tâches quotidiennes
doit être assuré avec une attention particulière.
Les droits
de participation des habitants des maisons de repos et des centresde
soins sont à renforcer.
Il faut
garantir la formation et la qualification du management, l’élaboration de
normes de qualité en rapport avec l’institution, la supervision et la formation
permanente spécialisée.
La
surveillance des maisons de repos et des centres de soins pour personnes âgées
doit garantir que toutes les données légales sont remplies et qu’aucune
violence ni physique ni psychique n’est
exercée envers des personnes âgées.
III.
Discrimination des personnes âgées dans la vie en société
Toute forme
de discrimination peut être accompagnée de violence physique et / ou psychique.
Voici quelques domaines brièvement énumérés :
a. Monde
du travail :
Toutes les
formes de limite d’âge et d’exclusion d’emploi des retraités sont à réviser,
des
retraites prématurées imposées sont à refuser,
la révision
de la limite d’âge lors de l’engagement, de la promotion et de la formation
permanente est à prévoir,
toute
discrimination d’âge lors de l’exercice d’une
fonction ou d’un mandat publique doit être interdit.
b.
Participation sociale :
La restriction
de la mobilité des personnes âgées entravée par un environnement
« hostile » et par une réglementation inadéquate est à supprimer, car
leurs répercussions sur la formation permanente, les voyages, l’organisation
des loisirs, la culture et le sport gênent sensiblement les personnes âgées.
Il est
important aussi bien pour la société que pour les personnes âgées que la vie
politique leur reste complètement ouverte.
c.
Sécurité :
- dans le trafic,
- vis-à-vis de la violence,
- vis-à-vis du vol et des
cambriolages,
- vis-à-vis de l’arnaque
financière.
d.
Contact avec les nouvelles technologies :
L’imposition
des nouvelles technologies dans tous les actes courants de la vie pratique provoque
des barrières parfois insurmontables.
Pour
permettre aux personnes âgées de participer aux nouvelles formes de
communication on doit leur donner la possibilité d’apprendre le maniement des
technologies nouvelles (ordinateur, portable, Internet).
IV.
Conclusion
Prenons
conscience que ce n’est pas l’âge d’une personne qui importe, mais sa manière
d’être et de faire. Nous aurons fait alors un sérieux progrès. Quelque soit
leur situationou leur état de santé
toutes les personnes âgées méritent une rencontre humaine et digne.
Le
parlement européen et la commission
européenne sont invités à faire le nécessaire dans un délai de quatre ans, pour que les pays membres de l’UE adoptent les lois nécessaires, afin de
protéger les droits des personnes âgées et de garantir leur participation sans
restriction à la vie sociale.